Un phénomène en expansion
L’étude des demandes et interpellations enregistrées par le CIAOSN, sans permettre de conclure à la nocivité des groupes, laisse apparaître depuis les années 2004-2005 une nouvelle tendance dans le questionnement de la population. L’accroissement constant et significatif des appels concernant la pratique de ce que, faute de consensus sur le terme le plus adéquat, nous nommerons l’effervescence pentecôtiste au sein de la population migrante du Sud, témoigne que cette forme d’expression religieuse interpelle le public.
Phénomène pluriel et complexe, la mouvance ici considérée englobe une multitude d’églises et de dénominations, dirigées et majoritairement fréquentées par des ressortissants de pays du Sud.
Ces églises, reliées au protestantisme par ce qu’il est convenu d’appeler une « filiation doctrinale évolutive », partagent les caractéristiques du mouvement évangélique que sont le bibliocentrisme, le crucicentrisme, la conversion et le militantisme.
Elles insistent en outre sur l’efficience de l’agir divin « ici et maintenant », sur la manifestation dans l’ordre quotidien des miracles et des charismes de l’église primitive, en particulier la prophétie, la guérison et la glossolalie. Assez vaste, cette approche est un simple axiome de travail établi à des fins opératoires et non à des fins de qualification sociologique, théologique ou autre. (...)




Néo-pentecôtisme et vulnérabilité aux dérives sectaires